Laissez-moi vous parler d’une histoire dont la résolution a mis plus de 5 ans à trouver une issue favorable.
Cette histoire est très européenne et prend racines dans de nombreux pays. Il s’agit d’un homme avec une double nationalité franco-allemande, marié à une femme originaire de Grèce avec laquelle il a deux enfants.
Une attirance inexpliquée vers le judaïsme
Il y a souvent pensé, sans pouvoir se l’expliquer, mais il se sent attiré par les synagogues. Un jour, sans l’avoir vraiment prémédité, face à l’imposant portique d’entrée habillé d’un joli magen David sculptée à même la façade, il décide de rentrer dans une synagogue. Il le dira plus tard, il était curieux de voir dedans, de comprendre pourquoi il avait cette sensation de devoir le faire.
Le rabbin présent vient de terminer un office et voyant entrer cet homme qui a l’air plus intimidé que timide, il décide de lui montrer l’intérieur de la synagogue, et lui dit quelques mots sur la religion juive et la spécificité de ce lieu saint.
Intéressé par ce qu’il entend, cet homme, qui, précisons-le, est un chirurgien maxillo-facial qui opère dans plusieurs cliniques en Europe, décide d’en savoir plus et durant deux ans, il va s’intéresser davantage à cette religion qui le touche et qui trouve une résonance en lui.
Un voyage en Israël qui accélère les choses
Au bout de ces deux années d’apprentissage et de familiarisation avec la religion juive, il décide qu’il veut rencontrer des juifs, et quoi de mieux pour cela que de visiter Israël ? Jérusalem est pour lui une véritable révélation, il est envahi d’un sentiment de plénitude et ressent la même sensation qu’il a ressenti la première fois qu’il a pénétré dans cette synagogue. Ce voyage l’enchante tellement qu’à son retour, il ramène avec lui des mezouzots pour lui ainsi que pour sa mère, ses frères et ses sœurs.
De retour en Allemagne où lui ainsi que ses frères et sœurs vivent, il surprend tout le monde avec cet étrange cadeau.
Au moment de recevoir son présent, le frère de notre homme en recherche d’identité lui fait une confidence des plus inattendues. Il lui confie que depuis un an, il pense avoir des origines juives, et qu’au delà de cette sensation diffuse, il a même commencé un arbre généalogique qu’il lui présente. Les deux frères parlent pour la première fois de leurs progrès et de leurs recherches dans cette quête où ils pensaient être seuls à rechercher leurs racines.
Ce voyage en Israël a tout accéléré, la machine est lancée et il sait qu’il ne peut plus reculer. Il en parle à sa femme à qui il explique que s’il prouve sa judaïcité, elle devra se convertir afin qu’ils puissent continuer à vivre ensemble en tant que mari et femme. La réponse de sa femme est sans appel, elle lui oppose un non catégorique : Il n’y a aucune discussion possible, jamais, elle ne se convertira au judaïsme.
Une recherche d’identité qui fait table rase du passé
Notre homme en recherche d’identité n’a pas d’autres choix que de demander le divorce et doit se délester d’une importante somme d’argent ainsi que de la maison de famille en échange de quoi sa femme accepte le divorce et lui rend la liberté… de se retrouver et se reconstruire.
En matière de recherche de judaïcité, prouver ses origines juives et le faire certifier par les entités compétentes n’est pas quelque chose de trivial ni évident.
Le Rav Moshé Cohen évoque une réelle épopée de recherches administratives entre l’Allemagne et la France ainsi qu’au niveau des archives des églises qui ont accueilli au fil des années les membres de la famille. Cette recherche administrative est longue et fastidieuse et vient chatouiller une église qui a ses secrets qu’elle ne souhaite pas dévoiler. Époque sombre où les lois anti-juives et les conversions forcées étaient monnaie courante.
Au bout de plusieurs années acharnées, durant lesquelles de nombreuses portes ont été poussées, parfois avec force, un arbre généalogique de plus de 600 personnes a été réalisé. Il a été prouvé par documents certifiés que cet homme, son frère et ses sœurs ainsi que tous leurs ascendants, et donc leur propre mère, étaient juifs. Riche des documents certifiés par le Beth Din prouvant de façon sans faille sa judaïcité, notre franco-allemand, entreprend de revenir à ses sources, et décide, en parallèle de son travail, de se plonger dans l’étude de la torah et de ses lois.
Il n’est pas peu fier aujourd’hui de parler de sa triple nationalité, puisqu’il a fait sa alya et vit entre Israël, la France et l’Allemagne.
Baroukh Aba !
Un dossier de preuve de judaïcité bien compliqué
Ce dossier a demandé plus de cinq ans de travail assidu, où il a fallu, sans aucune appréhension ni peur, bousculer certaines institutions, forcer de nombreuses portes et mettre en relation de multiples intervenants sur plusieurs pays. Cette longue investigation a finalement pu aboutir à une fin heureuse face à un dossier des plus épineux.

